Auteur Sujet: L'intermittence dans la presse et sur la toile  (Lu 61180 fois)

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Re : L'intermittence dans la presse et sur la toile
« Réponse #30 le: 02 avril, 2011, 21:05:38 pm »

En ce début d'avril, quelques queues de poissons pour les intermittents de l'audiovisuel français (dans l'paf).

Un premier article de l'afp reprise un peu partout concernant l'émission "30 millions d'amis" et ses intermittents (tiens, je ne savais pas qu'on était aussi nombreux...)

Citer
La productrice de l'émission "30 millions d'amis" condamnée aux Prud'hommes
(AFP)
PARIS — Le conseil des prud'hommes de Paris a condamné Reha Hutin, la productrice de l'émission de télévision "30 millions d'amis", à verser 150.000 euros d'indemnités à deux anciens salariés qui n'avaient pas de contrat de travail, a-t-on appris jeudi auprès des avocats.
"Les deux intermittents étaient tous les deux des piliers de l'entreprise. L'un travaillait depuis plus de 10 ans, l'autre depuis cinq-six ans et on ne leur avait jamais fait signer de contrats de travail", a indiqué Me Françoise Davideau, l'avocate des plaignants, à la suite du jugement dont Le Parisien s'est fait l'écho jeudi.
Les salariés, qui travaillaient pour la boîte de producion de Mme Hutin, Pro TV, avaient saisi les prud'hommes il y a un an.
"C'est ce qu'on appelle aujourd'hui des +permittents+, des intermittents permanents qui n'ont qu'un seul employeur, et comme l'employeur ne leur a pas fait signer de contrat, ils sont réputés être en CDI ", a ajouté leur avocate.
Le conseil des prud'hommes, qui a rendu son jugement vendredi, a également estimé que les préavis et les procédures de licenciement n'avaient pas été respectées.
"Ma cliente, est beaucoup affectée par cette situation. Elle se sent personnellement touchée. L'un des deux salariés a commencé en contrat de qualification et, par la volonté de Mme Hutin, a gravi les échelons, est devenu chef monteur, puis réalisateur", a réagi Me Michel Gryner, l'avocat de la productrice.
A l'époque où l'affaire avait été révélée dans Le Parisien en février 2010, la productrice avait déclaré au journal: "c'est vrai, je ne fais pas de contrats à chaque fois, c'est de la paperasserie. Ces contrats déciment toutes les forêts du monde et de la planète".


La dépèche de l'afp



Et l'émission culturelle de haut niveau de Tf1 "Carré Viiip" dont l'arrêt laisse pas mal de monde sur le carreau (ou plutôt dans le caniveau si on pense au niveau de l'émission...)

Citer
MEDIAS - Après l'arrêt de «Carré ViiiP», plusieurs questions se posent. 20Minutes y répond...

Que vont faire les personnes qui travaillaient sur l’émission?

Robert Pizzelli, l’un des chefs opérateurs prise de sons de l’émission, explique que l’équipe technique l’a appris à l’avant-dernière minute (la dernière était pour les candidats eux-mêmes). «Ça a été un arrêt brutal. Il y a plein d’intermittents qui ont pris dix semaines de disposition, qui se sont engagés là-dessus et qui n’ont rien d’autre. Ils n’ont aucune indemnisation pour les semaines non travaillées. Nous nous retrouvons sans boulot: c’est comme un mec qui bosse dans une entreprise, qui arrive un matin et trouve la porte fermée. Là, le statut d’intermittent prend tout son sens.» Il précise que cette situation concerne selon lui environ 200 personnes composant une équipe technique très pointue.


Pour lire la suite de l'article...


« Modifié: 08 mai, 2011, 00:42:42 am par imago »

Hors ligne viviane

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Re : L'intermittence dans la presse et sur la toile
« Réponse #31 le: 02 avril, 2011, 22:01:29 pm »

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c'est vrai, je ne fais pas de contrats à chaque fois, c'est de la paperasserie. Ces contrats déciment toutes les forêts du monde et de la planète"

Y'en a qui battent vraiment tous les records de mauvaise foi...

Remarque y'a encore plus cynique: Dans le code du travail annoté,j'ai vu une fois un employeur qui avait déplacé la réunion avec les délégués du personnel du Rez de chaussée au premier étage... un des délégués était en fauteuil roulant..

Citer
Nous nous retrouvons sans boulot: c’est comme un mec qui bosse dans une entreprise, qui arrive un matin et trouve la porte fermée. Là, le statut d’intermittent prend tout son sens.» Il précise que cette situation concerne selon lui environ 200 personnes composant une équipe technique très pointue.

Ben,je suis pas sûre mais il me semble que si ils avaient un contrat pour les 10 semaines, ils doivent être payés, que l'émission s'arrête ou pas....   SI ils avaient un contrat...

Et leurs heures non faites compteront pour ouvrir des droits.... SI ils avaient un contrat...

Citer
CIRCULAIRE N° 2007-08 DU 4 MAI 2007

2.1.2.1.4. Fermeture définitive de l'entreprise et interruption de tournage

En cas de fermeture définitive d’un établissement relevant du champ d’application de l’annexe VIII ou de l’interruption du tournage d’un film,
 l’article 5 de l’annexe VIII prévoit que les fins de contrats de travail qui en résultent ne font pas obstacle à la prise en compte de l’affiliation qui aurait résulté de l’exécution du contrat jusqu’à son terme.

Dans ces deux situations, en effet, dès lors que le contrat de travail interrompu a commencé à être exécuté, la période du contrat restant à courir peut être retenue comme période d'affiliation. La fin de contrat prise en considération est fictivement placée au terme initialement prévu, tant pour la fixation de la période de référence que pour celle du point de départ des allocations.

Si l'intéressé a repris une activité entre la date de la rupture anticipée du contrat et la date de sa fin prévue initialement, la période couverte par cette activité est alors prise en compte en lieu et place de la période d’affiliation du contrat non exécuté.
 
« Modifié: 08 mai, 2011, 00:42:31 am par imago »

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Re : L'intermittence dans la presse et sur la toile
« Réponse #32 le: 03 avril, 2011, 17:28:05 pm »

Cet article de Nice-Matin évoquant une affaire d'escroquerie aux congés spectacles me laisse un peu perplexe. Il parle d'un détournement de plus de 140 000 Euros qui aurait été effectué entre 2004 et 2006 (soit trois ans), ce qui voudrait dire plus de 45000 Euros par an...
Cela me paraît plus qu'improbable venant de la caisse des congés spectacles.
Je me demande si l'auteur de l'article n'a pas confondu un autre organisme, voire plusieurs (assedic ou autre) car les sommes concernées sont énormes.




http://www.varmatin.com/article/faits-divers/six-fours-le-pseudo-scenariste-detourne-141000-euros

Citer
Six-Fours: le pseudo-scénariste détourne 141000 euros

Publié le dimanche 27 mars 2011 à 09H00 - 2    

L'homme a imaginé un stratagème pour tromper la caisse des congés payés des intermittents.
Une queue-de-cheval, des lunettes rondes et sombres, les bras calés sur deux canes anglaises, Olivier Sicard, un habitant de Six-Fours de 41 ans, a fait une arrivée théâtrale à la barre du tribunal correctionnel. Lui qui se dit scénariste approché par les plus grands producteurs est devenu, vendredi, le principal personnage d'un mauvais épisode d'une série Z. Avec pour seule « The end », une condamnation à un an de prison avec sursis mise à l'épreuve pour des escroqueries commises entre 2004 et 2006. « Je suis presque aveugle. Je vois très mal », a-t-il expliqué au tribunal. Mais il a été assez clairvoyant ces dernières années pour détourner des sommes colossales à la caisse des congés payés des gens du spectacle. Le détournement se monte à 141 093 e. Le stratagème était ingénieux. Olivier Sicard change, pour les besoins de la cause, de personnage.
Dans le rôle de Jean Dulac producteur
Et le voilà dans le costume de Jean Dulac, responsable d'Explora productions. Il déclare deux salariés : lui-même (Olivier Sicard) et son épouse Nadia. Entre 2004 et 2006, il va toucher 90 000 e au titre des congés payés, sans jamais reverser un seul euro au titre des cotisations patronales. La caisse a bien entendu cherché à récupérer l'argent. Les moratoires, les relances, les envois d'huissier : rien n'y a fait. « Et comme la caisse ne voulait pas pénaliser les salariés, elle a payé. » Jusqu'à une plainte déposée en 2008, rien ne laisse présager l'étrange histoire mise en place par Olivier Sicard. L'organisme prestataire s'aperçoit alors que Jean Dulac n'existe pas et que les employés ne sont affiliés à aucun organisme. Les réquisitions faites sur leurs comptes ne laissent apparaître aucun salaire versé par Explora production. Mieux, Olivier Sicard est inscrit aux Assedics et Nadia, son épouse d'origine camerounaise n'habite plus en France depuis 2005. Les mains posées sur ses béquilles, le prévenu ne se démonte pas. Il a réponse à tout. Quand il s'est marié, il avait un emploi. Ensuite, il a été en arrêt maladie. « Ma femme avait besoin de beaucoup d'argent. Elle se prostituait et elle se droguait. Si je ne lui en donnais pas, elle menaçait de me dénoncer pour trafic de drogue et proxénétisme. » Pour toucher les indemnités, il est allé jusqu'à déclarer plus de 7 000 e de salaire mensuel. Sentant, à l'audience, que le fil de l'histoire lui échappait, il a reposé son décor. « Quand j'ai épousé Nadia, l'hiver à Paris était rigoureux. Nous avons donc déménagé sur la Côte d'Azur. Depuis 1997, j'écrivais des scénarios. Je devais travailler pour cinq producteurs, écrire six épisodes, mais il y a eu la crise de 2001. »
« On est rassuré, si il a un contrat avec Spielberg ! »
Sur sa situation actuelle, le peu voyant fait la lumière... « J'ai un concept de figurines pour un grand fabriquant. Il est probable que le projet se concrétise. Les sommes gagnées seront importantes. » En attendant, il vit dans un haut de villa, dont le loyer est de 626 e ; « dont la moitié est payée grâce aux APL, grâce à la solidarité nationale », lui fait remarquer la présidente.
La partie civile a réclamé le remboursement des sommes perçues. « On s'attend même à ce qu'il enlève à la sortie du tribunal ses lunettes et qu'il jette ses canes, et "Au suivant". Mais on est rassuré, si il a un contrat avec Spielberg ! » Pour le ministère public, une chose est certaine. « C'est un escroc qui doit rembourser l'argent qu'il a volé. » La défense a rappelé que « les faits ont été reconnus. Explora productions existe depuis 1992. On voit bien qu'il est scénariste dans ce dossier. Il n'a plus de vision oculaire. Il ne peut pratiquement plus se déplacer. » Et de solliciter la clémence. Le tribunal a mis un terme à cette séquence judiciaire en prononçant une peine avec sursis, avec obligation de rembourser.
P. Poletto

« Modifié: 08 mai, 2011, 00:42:20 am par imago »

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Re : L'intermittence dans la presse et sur la toile
« Réponse #33 le: 04 avril, 2011, 10:46:29 am »
Oui Viviane SI ils ont un contrat papier en bonne et due forme , comme il y a eu DEBUT d'EXECUTION ils seront payés integralement

seulement VOILA :......y-at-il contrat ??????  comme d'Habi  nous repetons soyez COUVERT ( pour le Sida également)  ayez un C.O.N.T.R.A.T  , mais je crois que nous pourrons le répeter 1000 fois et plus , il y en aura toujours qui penseront que cela ne pourra pas leur arriver  !!!  ::)

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Re : L'intermittence dans la presse et sur la toile
« Réponse #34 le: 25 avril, 2011, 13:52:20 pm »

Un article du Midi Libre qui évoque le passage devant la justice de deux intermittents via une plainte de Pôle Emploi qui s'est soldé par une relaxe pour les artistes avec un "soupçon" de harcèlement de la part de Pôle Emploi.



Voir: http://www.midilibre.fr/2011/04/19/face-aux-intermittents-le-pole-emploi-deboute-par-la-justice,306047.php



Citer
Montpellier Face aux intermittents, le Pôle emploi débouté par la justice

"Mon sentiment c’est que la machine s’est mise en route contre eux. Alors qu’ils travaillent depuis vingt ans et ont travaillé pour les plus grands. Pôle emploi a eu l’impression qu’ils n’effectuaient pas les prestations qu’ils déclaraient. Ils se sont alors justifiés. Mais malgré ce, l’enquête a continué. Pôle emploi considérant que mes clients lui cachaient des choses", raconte Me Valérie Zuchetto-Soulié. "Ses clients", c’est ce couple de musiciens, domicilié à Villeneuve-lès-Maguelone.

Lequel est, en juin 2008, dénoncé via une plainte déposée auprès du procureur de la République par Pôle emploi. L’organisme reprochant aux époux des déclarations frauduleuses de prestations. Autrement dit : d’avoir encaissé les sommes de prestations qu’ils n’auraient pas menées à bien. Et ce, à hauteur de 15 345 €.

Et c’est ainsi que le couple s’est retrouvé, il y a quelques jours, dans le prétoire de la correctionnelle. Sur l’audience, Me Zuchetto-Soulié a indiqué en préambule que, pour se voir ouvrir les droits à une indemnisation dans le cadre de l’assurance chômage, un intermittent devait justifier d’au moins quarante-trois cachets quand sa cliente en avait justifié quarante-quatre. La défense évoquant "un acharnement injustifié" de la part de Pôle emploi.

Concernant le second prévenu (le mari), là encore, la défense s’est élevée contre "une interprétation de Pôle Emploi". Pour Me Zuchetto-Soulié, ses clients "sont des artistes, pas des voyous", ayant notamment travaillé pour Serge Lama, Maurane, Nougaro ou encore Mylène Farmer. "Ils ont été traqués par Pôle emploi, un rouleau compresseur qui ne fait pas facilement machine arrière", victimes "d’un acharnement qui dépasse l’entendement. Il était devenu essentiel pour Pôle emploi de les renvoyer devant le tribunal correctionnel pour les briser totalement. On leur avait sucré leurs prestations alors qu’ils ont quatre enfants".

Une plaidoirie, des conclusions et les pièces justificatives allant avec qui ont fait mouche auprès des magistrats : ceux-ci ont en effet relaxé le couple. "Mais il est brisé", assure Me Zuchetto-Soulié.

« Modifié: 08 mai, 2011, 00:42:05 am par imago »

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Re : L'intermittence dans la presse et sur la toile
« Réponse #35 le: 26 avril, 2011, 19:50:07 pm »

Un article de Rue89 dans la série "votre porte-monnaie au rayon X" sur le budget d'un intermittent de l'animation (de l'image animée, pas de l'animation socio-culturelle qui, je le rappelle, ne relève pas de nos annexes...).
Disons qu'il est plutôt dans la fourchette haute des "intermittents" avec un revenu de remplacement de plus de 70 Euros net par jour. Ce qui est intéressant, ce sont les commentaires qui soulignent qu'ils ne comprennent pas bien comment quelqu'un qui gagne plus de 2500 Euros par mois peut encore avoir 300 Euros d'indemnités alors qu'eux, au régime général, dès qu'ils travaillent un peu, ils perdent leur indemnités. Il faudrait peut-être leur rappeler que c'est très raccord avec le type de société dans laquelle on vit... Plus on en a, plus on palpe.

Voir: http://eco.rue89.com/2011/04/26/cristobal-intermittent-dans-le-dessin-anime-de-2-270-a-3-200-196223





Citer
Cristobal, intermittent dans le dessin animé, de 2 270 à 3 200 €

Cristobal, 39 ans, mène une double vie professionnelle :

d'un côté, le dessin animé – sa source de revenus principale : il est directeur/chargé de production en cinéma d'animation ;
de l'autre, le shiatsu, « thérapie manuelle énergétique japonaise » (le mot massage étant « l'exclusivité des kinés »). Il est en troisième année et va obtenir le diplôme de « praticien certifié ».

Les dessous de « L'Illusionniste »

Le dessin animé est sa première vocation et il ne la « lâchera pas » de sitôt. Il vient de finir une mission qui durait depuis septembre 2009 sur le long métrage « Titeuf » qui est sorti début avril.

Avant ça, il y a eu « L'Illusionniste », tiré du dernier scénario écrit par Jacques Tati. Cristobal raconte :

« C'est sa fille qui l'a exhumé d'un vieux tiroir et qu'il l'a apporté en personne à Sylvain Chomet, auteur des “Triplettes de Belleville”, pour lui proposer d'en faire un film. »

L'œuvre a remporté le César du meilleur film d'animation. Un prix présenté pour la première fois. Pourtant, à sa sortie, « il a fait un flop commercial » :

« Avec son rythme narratif plutôt contemplatif et son atmosphère poético-nostalgique, il n'a pas eu le temps de trouver son public.

La dure réalité des contraintes de distribution et de diffusion ne laisse malheureusement pas à un film estampillé “film d'auteur” le temps de faire ses preuves. Il est vrai que si un film fait peu d'entrées la première semaine, il n'est souvent plus à l'affiche la semaine suivante… »

Mais un César, c'est la promesse « d'une deuxième carrière » parce que « si ça cartonne aux Etats-Unis, le succès se répercute en France ».

L'équipe parisienne, dont faisait partie Cristobal, a pris en charge l'animation de tous les personnages secondaires : les foules, les figurants… Il a travaillé un an et demi sur ce projet et a touché 150 euros brut par jour, soit 2 528 euros net par mois. En tant qu'intermittent du spectacle, il touchait en plus 295 euros de complément d'Assedic chaque mois.

La mission « Titeuf »

La société de production Moonscoop a demandé à Zep de faire de sa célèbre bande dessinée Titeuf un long métrage. Sur ce coup-là, Cristobal a encadré la partie production des développements visuels et graphiques des décors et personnages, une sorte de « bible graphique » sur laquelle s'appuient les dessinateurs pour reproduire les personnages à toutes les étapes du processus d'animation.

Cristobal tient à être précis et explique certains des multiples départements impliqués dans la fabrication :

« Le “lay-out”, c'est la mise en place des décors et personnages dans le cadre et le trait définitif du film ; “link and paint”, c'est la mise en couleur, et le “compositing” est l'assemblage numérique final des décors et personnages colorisés. »

Là aussi, une mission d'un an et demi. « Titeuf, le film » est produit par Moonscoop, qui a sous-traité une partie importante de la fabrication auprès de Neomis Animation, où Cristobal était embauché. Il travaillait directement chez Moonscoop, « comme un consultant va travailler chez un client ». Au fil du temps, il a signé un contrat chez eux.

La mission a pris fin en février dernier. Depuis, Cristobal prend le temps de se consacrer davantage au shiatsu et s'apprête à emménager dans l'appartement qu'il vient d'acheter avec sa compagne.

Revenus : de 2 270 euros à 3 200 euros

Salaire : 2 700 euros net en moyenne par mois sur la dernière mission

Il était à 2 208 euros au début, il a terminé à 3 191 euros.

Assedics : 2 200 euros par mois

Il n'en a pas touché depuis septembre 2010 en raison de son contrat chez Moonscoop, un contrat de travail intermittent de plusieurs mois. Depuis la fin de sa mission, il les perçoit à nouveau à hauteur de 2 200 euros par mois.

Shiatsu : environ 70 euros par mois

En plus de l'atelier pratique de shiatsu du mardi et de son cours du mercredi soir, il a un ou deux patients par semaine. Une séance dure à peu près une heure et demie ; Cristobal n'a pas fixé de prix, il reçoit des « participations libres ».

Dépenses fixes : 1 257 euros

Cristobal vit avec sa petite amie. Le couple se répartit toutes les dépenses équitablement, sauf l'assurance moto et l'école de shiatsu, que Cristobal prend en charge seul. Il prend également en charge les frais liés à son fils, 9 ans, qu'il a eu avec avec son ex-compagne.

Loyer : 410 euros par mois

Toutes charges comprises pour 80 m2 porte de Saint-Ouen, loué par un bailleur social. Il y vit depuis dix ans mais s'apprête à déménager.

GDF/EDF : 15 euros par mois

Ils payent 50 à 70 euros tous les deux mois, soit 30 euros par mois et 15 euros de sa poche.

Taxe d'habitation et redevance : 58 euros par mois (700 euros cette année qu'il a payés tout seul)

Impôt sur le revenu : 300 euros (3 600 euros par an)

Assurance habitation : 15,50 euros par mois (300 euros par an)

Assurance voiture : 15 euros par mois

Assurance moto : 1 000 euros par an, soit 83 euros par mois (il est « jeune conducteur »)

Mutuelle : 0 euro

Cristobal est affilié à la mutuelle professionnelle de sa compagne.

Téléphone portable : 50 euros par mois

Internet et téléphone fixe : 17,50 euros par mois

Cours à la Fédération française de shiatsu traditionnel : 88 euros par mois (1 000 euros par an + 50 euros de cotisation)

Centre de loisirs et cantine pour son fils : autour de 17 euros

Prêt : 188 euros

Cristobal a contracté deux crédits :

un prêt à la consommation de 4 000 euros pour sa moto. Depuis octobre 2009 jusqu'à octobre 2011, il paye 188 euros par mois pour le rembourser ;
un prêt immobilier : Cristobal et sa compagne ont signé il y a quelques semaines un prêt de 370 000 euros sur 25 ans pour un duplex de 140 m2 à Saint-Denis, dans lequel ils emménagent le 30 avril. A partir de cette date, ils ne paieront plus de loyer mais des mensualités de 950 euros chacun : « Nous avons eu un bon taux. »

Dépenses aléatoires : environ 500 euros

Essence : 40 euros par mois pour la moto

Ils n'utilisent la voiture qu'une fois par semaine environ, pour sortir de Paris le week-end.

Alimentation : 140 euros par mois

Ils font très attention quand il s'agit des courses et dépensent 280 euros par mois à eux deux :

« En bon intermittent du spectacle, je me fais plus plaisir quand je suis en mission. Pendant les périodes “ inter-contrats ”, j'ajuste mes dépenses. Je sais très bien me serrer la ceinture. »

Vêtements : 167 euros par mois environ

A la louche, il estime ses dépenses vestimentaires (pour lui et son fils) à 2 000 euros par an :

« Quand je bosse, j'adore faire du shopping. »

Il observe au passage un changement dans ses habitudes :

« Avant, c'était vingt articles chez H&M en quantité ; maintenant, c'est dix chez Agnès B. »

Loisirs : environ 150 euros

100 euros par mois dans les restaurants : « on se fait un resto gastronomique par mois pour 120 euros à deux environ » plus les dîners « entres amis » ;
30 euros pour au moins un concert par mois ;
20 euros par mois pour une carte de cinéma : nombre de séances illimité.
Vacances : pas de budget prévu cette année

Pour le moment, ils essayent de « maîtriser le budget » comme ils achètent un appartement. Cette année, le couple va ainsi privilégier des vacances en France, chez des amis.

Tabac : 0 euro

Cristobal ne fume plus depuis mai 2010.

Epargne : tout le reste

L'épargne de Cristobal est très aléatoire et dépend de ses missions. Tout ce qui n'est pas dépensé est épargné. Cristobal s'est ainsi payé une partie de sa moto avec cette somme, et lui et sa compagne sont partis un mois au Costa Rica l'an dernier.

Jusque-là, il avait réussi à épargner 20 000 euros qui sont désormais consacrés aux travaux de l'appartement.


Aperçu généré par myscreenshots.net

« Modifié: 14 mai, 2011, 13:42:58 pm par imago »

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Re : L'intermittence dans la presse et sur la toile
« Réponse #36 le: 26 avril, 2011, 20:07:22 pm »

Et pour faire écho à l'article de Rue89, j'ai trouvé un vieil article de terraeco.net sur les intermittents du Fort boyard en 2003 (vous vous rappelez?) qui me fait dire que, décidément, il y a quand même de grandes disparités au sein même de ceux qui sont appelés "intermittents" et que l'audiovisuel (quand on a les contacts et le boulot qui va avec) c'est quand même autre chose que le spectacle vivant, y a pas photo.

Intéressants aussi les liens vers d'autres articles à la fin de celui-là.





Voir: http://www.terra-economica.info/Le-Pere-Fourras-est-un.html
« Modifié: 08 mai, 2011, 00:41:41 am par imago »

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Re : L'intermittence dans la presse et sur la toile
« Réponse #37 le: 27 avril, 2011, 14:40:24 pm »

Un article du Point du 27 avril 2011 dont le titre indique la tonalité ("Intermittents du spectacle, le scandale continue..."). Bien que critiquant surtout la permittence, cet article n'est qu'à charge et manque un peu de "subtilité" dans l'analyse. Bref, encore un marronnier du Serpent de mer...

Voir: http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/emmanuel-berretta/intermittents-du-spectacle-le-scandale-continue-27-04-2011-1323714_52.php




Pour ceux que ça intéresse (et cela mettra en perspective les qualités journalistiques de M. Beretta, auteur de cet article) voyez cette évocation de cette personne dans cette chronique de Didier Porte:
http://www.dailymotion.com/video/xct05u_le-point-sur-le-journalisme-bananie_fun#from=embed

Citer
Collusions d'intérêts, fraudes, démission des politiques, injustice sociale... Le scandale des "permittents" du spectacle coûte chaque année 1 milliard d'euros aux salariés du privé, qui se voient ainsi chargés de porter sur leur dos le poids social de "l'exception culturelle française". Par "permittents", on désigne ces intermittents du spectacle qui n'en sont pas vraiment, car leur emploi - en réalité permanent - ne justifie pas qu'ils jouissent du statut protecteur des artistes et techniciens du spectacle, inventé à l'origine pour protéger les comédiens et danseurs d'une carrière, par nature, aléatoire. Le 25 mars dernier, les partenaires sociaux ont reconduit le régime de l'assurance chômage sans rien changer...

Depuis que l'audacieux Jean-Jacques Aillagon avait osé durcir les conditions d'accès au régime de l'intermittence (507 heures sur 10 mois au lieu d'un an) et déclenché une grève des festivals assez dévastatrice, l'État, de son côté, n'a fait que reculer et les partenaires sociaux ont soigneusement repoussé le sujet sous la moquette. Du reste, le 25 mars dernier, le régime de l'assurance chômage a été reconduit... Si bien que depuis 2003, rien n'a changé. On comptait 103 308 allocataires l'année précédent la "réforme", ils sont aujourd'hui 105 826. Après une petite baisse entre 2005 et 2006 (98 678), les chiffres de l'intermittence sont repartis à la hausse. Et le déficit d'un milliard d'euros se creuse un peu plus chaque année au sein de l'Unedic. L'État s'est même déjugé en indemnisant, aux frais du contribuable, ceux que le durcissement des conditions du régime laissait sur le bas-côté. La Rue de Valois a piloté ce dispositif mais les fonds étaient avancés par le ministère de l'Emploi. Les conseilleurs n'étant pas les payeurs, l'enveloppe a dérapé jusqu'à atteindre près de 150 millions d'euros par an...

Inefficacité de la lutte contre la fraude

La lutte contre la fraude s'est révélée inefficace. Difficile de la traquer quand le régime repose sur les déclarations conjointes des intermittents et de leurs employeurs, lesquels ont tous deux intérêt à détourner le système. Au théâtre, le producteur du spectacle ne paiera pas les répétitions ni la générale, car, en payant les cachets des comédiens au-delà des 507 heures requises, il leur permet de se faire payer ce temps de travail sous la forme d'une allocation chômage à taux plein. Et tout le monde s'y retrouve.

Au cinéma, combien de chefs décorateurs ont refait la cuisine du producteur en échange d'un emploi sur le tournage ? L'assurance-chômage payant la main-d'oeuvre nécessaire aux travaux... Sylvie M., 37 ans, travaille dans une société de production audiovisuelle depuis six ans en tant que "chargée de production". Le statut de l'intermittence lui convient bien mieux que le salariat. Pourquoi ? En fait, elle demande à son employeur de la payer chaque mois sur vingt jours si bien qu'elle se déclare au chômage les dix autres jours. C'est la collectivité des travailleurs du privé qui lui offre ses week-ends et ses longues vacances d'été entre deux saisons. Cependant, son employeur paiera des cotisations sociales plus lourdes : 62 % contre 42 % pour l'emploi d'un journaliste.

Travailler sans limite pour gagner plus

Prenons le cas de ce chef monteur de talent. Lui n'a aucun problème pour trouver du travail. Ses qualités en font un professionnel recherché. De ce fait, il n'a aucun intérêt financier à entrer dans le cadre d'un CDD ou d'un CDI. Pourquoi ? Parce qu'en tant qu'intermittent, il pourra enchaîner les montages d'une production à l'autre sans prendre les jours de congé que lui imposeraient les règles de la vie d'entreprise. À l'arrivée, il gagnera 7 000 à 8 000 euros bruts par mois là où son collègue, moins brillant, se contentera d'un CDI à 5 000 euros mensuels. Personne ne viendra vérifier si le "monteur intermittent" a enchaîné quinze jours de montage d'affilée. Résultat : les "bons" monteurs restent intermittents alors qu'en fait, ils n'ont aucun problème de chômage. Au contraire, le CDI les empêcherait de travailler plus...

L'audiovisuel public a souvent été pointé du doigt pour son excessif recours à l'intermittence. Le phénomène obéit ici à un problème particulier : un intermittent qui galère pendant des années pour entrer à France Télévisions et se voit assigner toutes les tâches ingrates est essoré quand il est finalement embauché. En devenant permanent, sa productivité décroît. Il faut donc faire appel à un nouvel intermittent. Et le cycle se reproduit sans fin...

L'affaire Guillon, tout un symbole

La Cour des comptes a tapé du poing sur la table. Si bien qu'à partir de 2005, France Télévisions s'est vu assigner l'obligation de réduire le nombre d'intermittents et de cachetiers. Que s'est-il passé depuis ? L'objectif global fixé par l'État a été respecté... mais au moyen d'un petit subterfuge qui n'a pas échappé à la sagacité de la cour. Le groupe public employait 750 intermittents et 630 cachetiers en 2004. Ils n'étaient plus que 650 et 523 quatre ans plus tard. Mais, pendant ce temps, la filiale de production de France Télévisions, MFP, voyait son taux de personnels non permanents passer de 46,1 à 68,8 %. Or l'État n'avait pas inclus la filiale MFP dans le champ d'application de la restriction...

L'affaire Guillon, qui vient de frapper Radio France au portefeuille, est une illustration des excès du système. Stéphane Guillon était chroniqueur sur France Inter depuis 2003. Chaque saison, il était donc reconduit depuis 7 ans quand Jean-Luc Hees décide de se séparer de lui. Naturellement, le conseil des prud'hommes de Paris a requalifié ses contrats en CDI. Et il en a coûté 212 011,55 euros à Radio France. On comprend que la première saison, la collaboration de Guillon pouvait être conçue comme temporaire puisqu'elle dépendait de son succès. Mais en renouvelant systématiquement ses contrats durant 7 ans, forcément, Radio France a fait peser sur la collectivité des salariés du privé les vacances de Stéphane Guillon...  

« Modifié: 08 mai, 2011, 00:41:29 am par imago »

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Re : L'intermittence dans la presse et sur la toile
« Réponse #38 le: 06 mai, 2011, 22:38:37 pm »

Dans la série "on n'est vraiment pas du même monde...", voilà quelques nouvelles d' "intermittents" de l'audiovisuel qui ont d'autres soucis que nous. En effet, Thierry Ardisson va prochainement passer aux prud'hommes pour ne pas avoir payé d'indemnités de licenciement à une de ses collaboratrice (elle réclame tout de même 645 000 Euros! Imaginez le salaire...). Et alors, me direz-vous? Et alors... il se trouve que sa collaboratrice, qui était en fait responsable du développement, était payées comme intermittente du spectacle!!! Rien que ça. On comprend mieux le déficit de nos annexes car, soyez-en sûrs, ce n'est certainement qu'une petite partie immergée de l'iceberg.

Voir: http://www.entrevue.fr/ardisson-devant-la-justice-11070





Citer
Thierry Ardisson passera par la case du tribunal des Prud'hommes le 29 juin prochain.

Thierry Ardisson a des comptes à rendre. Le Canard Enchaîné révèle que dans deux mois, l'animateur passera aux Prud'hommes.
Ardisson n'a pas payé d'indemnité de paiement à Marion de Blaÿ, une collaboratrice à qui il aurait offert quelques 173 CDD en huit en et demi... En embauchant cette femme avec un statut d'intermittent du spectacle, cela aurait permis de la rémunérer partiellement via les Assedic.
Marion de Blaÿ réclamerait 645 000 euros à Thierry Ardisson.

« Modifié: 08 mai, 2011, 00:41:02 am par imago »

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Re : L'intermittence dans la presse et sur la toile
« Réponse #39 le: 09 mai, 2011, 17:35:06 pm »

Un article de Sud Ouest nous narre façon "Les histoires de l'oncle Paul" les préparatifs de la nouvelle saison de Fort Boyard.

Deux choses m'ont intrigué:

Le patron de la société de production y relate qu'il n'y aurait jamais eu de "mutinerie" à bord du vaisseau de pierre.
 
Ce qui est en parfaite contradiction avec un article de terra-economica évoqué plus haut.


D'autre part, cet article m'a mis la puce à l'oreille quant à cette société de production sur laquelle j'ai fait quelques recherches et dont j'en ai appris de bien bonnes (en relation avec l'intermittence, évidemment), ce qui fera l'objet d'un post spécifique très bientôt. Je mettrai un lien ici quand il sera rédigé.





http://www.sudouest.fr/2011/05/09/les-equipes-sur-le-pont-392997-4628.php

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Les équipes sur le pont

Avant le tournage, qui débutera fin mai, une cinquantaine de techniciens sont à pied d'œuvre .

Au menu, ce jour-là : filet mignon de porc, choux aux lardons. Ça sent bon la cuisine maison et c'est l'une des règles d'or sur fort Boyard : bien manger. Conséquence : Éric Buron, le patron d'Adventure Line Productions (qui produit l'émission culte de France Télévisions depuis vingt-deux ans), n'a jamais eu à déplorer de mutinerie à bord de son vaisseau.

Depuis quinze jours, la grande famille des techniciens de fort Boyard est à pied d'œuvre. Soudeurs, électriciens, maçons, cuisiniers, régisseurs... ils sont plus de 50 techniciens - la plupart intermittents du spectacle - à prendre d'assaut chaque matin le fort.

Objectif : nettoyer, tirer des câbles, remettre en état et en sécurité, réaménager les cellules... Bref, transformer un bâtiment laissé à l'abandon pendant plusieurs mois en vaste plateau de télévision. Les équipes sont parfaitement rodées. Certains travaillent ensemble depuis dix, quinze ou vingt ans.

Le meilleur des intermittents

« Ici, il y a le meilleur des intermittents de la région. Au début, on avait du mal à recruter. Aujourd'hui, quand on passe une petite annonce pour chercher un électricien ou un mèdecin, on reçoit des CV de toute la France. Fort Boyard est une formidable école. On a même une nouvelle génération qui arrive », poursuit Éric Buron. Une véritable petite entreprise embarquée pour plusieurs mois en mer avec, à bord, aussi bien des caméramen qu'une infirmière urgentiste, quatre cuistots ou un dresseur de serpents.

Olivier Minne et les personnalités qui devraient à nouveau animer la 22e saison (après une tentative peu concluante en 2010 d'ouvrir le fort à des anonymes) sont attendus pour le 27 mai. Ce seront alors plus de 120 personnes qui travailleront sur le site.

Les Américains intéressés ?

Après la France, la Suède, la Norvège et l'Algérie ont déjà signé pour venir tourner cet été. Les Américains seraient aussi intéressés pour une version à destination des enfants. Une piste qui pourrait donner des idées aux producteurs français qui cherchent à dépoussiérer le jeu.

Insubmersible jusqu'à ce jour, l'avenir de « Fort Boyard » a tangué ces dernières années au gré des audiences.

Pour cette nouvelle saison, France Télévisions revient aux fondamentaux (des équipes de people qui jouent pour une association) et prépare de nouveaux décors.



« Modifié: 14 mai, 2011, 13:43:36 pm par imago »

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Re : L'intermittence dans la presse et sur la toile
« Réponse #40 le: 12 mai, 2011, 22:41:10 pm »

Des bonnes nouvelles pour nos amis suisses dont j'avais évoqué le cas dans un précédent post
Voir là


Les nouveaux textes régissant leur "intermittence" à eux n'ont pas été appliqués à la lettre grâce, notamment, à l'intervention de la ville de Genève (c'est pas chez nous qu'une grande ville se mobiliserait pour soutenir les intermittents contre le gouvernement...). Remarquez, en lisant les commentaires, on se rend aussi compte qu'ils ont les même blaireaux que chez nous.




http://www.tdg.ch/actu/culture/derniere-victoire-intermittents-spectacle-2011-05-12

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Une dernière victoire pour les intermittents du spectacle

LOI SUR LE CHÔMAGE | Les intermittents du spectacle vont pouvoir bénéficier du doublement des deux premiers mois de travail de manière rétroactive, contrairement à ce qu’avait initialement prévu le Secrétariat d’Etat à l’économie.

Anna Vaucher | 12.05.2011 | 13:32

La Ville de Genève et le Comité 12a, qui se bat pour la reconnaissance des professions de la scène et de l’écran, ont annoncé ce jeudi matin la dernière victoire des intermittents du spectacle. L’ordonnance 12a, qui accompagne la nouvelle loi sur l’assurance-chômage (LACI) et qui permet aux intermittents du spectacle de doubler leurs deux premiers mois de travail, aura finalement un effet rétroactif. Le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco) avait dans un premier temps refusé cet effet.


Eviter la catastrophe

Dans ce feuilleton long et agité, le Conseil fédéral avait accepté en mars dernier de doubler les soixante premiers jours des contrats des intermittents du spectacle (au lieu des trente prévus auparavant par l’ordonnance 12a), afin qu’ils obtiennent plus facilement les dix-huit mois de cotisation sur deux ans exigés par la nouvelle loi sur l’assurance-chômage (LACI), entrée en vigueur le 1er avril dernier. Le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) avait alors décidé que si la loi entrait en vigueur avec un effet rétroactif, ce ne serait pas le cas de cette nouvelle ordonnance.
Avec le soutien de la Ville de Genève, le Comité 12a est parvenu à montrer le danger de cette décision et le Seco a finalement changé d’avis, affirmant que cette nouvelle règle serait applicable immédiatement. «Je félicite cette reconsidération de la mesure», a déclaré Sandrine Salerno, maire de Genève. «C’est une grande satisfaction, d’autant plus que c’est très peu fréquent de voir le Seco faire marche arrière.» Quant à Julien Lambert du Comité 12a, il précise que cette mesure, si elle évite une catastrophe, n’est pas suffisante et qu’il sera nécessaire de rediscuter encore le statut d’intermittent.





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Re : L'intermittence dans la presse et sur la toile
« Réponse #41 le: 14 mai, 2011, 14:45:22 pm »
Toujours dans Ouest-France qui a la bonne idée de laisser libre accès à ses articles, ce qui est de plus en plus rare pour être noté.

Des structures diverses qui oeuvrent dans le domaine de l'animation surtout se sont regroupées en asso pour défendre leurs activités. Il s'agit pour eux de se prémunir contre la "concurrence faussée" de ceux qui ne déclarent pas leur activité dans les règles. Bien sûr, ça pourrait passer pour du corporatisme (avec les risques de délation etc.) mais, d'après l'article, il ne s'agit pas de cela. Ils se mettent directement en contact avec les petits malins qui voudraient faire du dumping social pour les convaincre de cesser cette manière de faire. Peut-être une solution pour ceux qui, parfois, se plaignent de tels concurrents sur le forum?


http://www.sudouest.fr/2011/05/13/des-soirees-animees-et-tres-concurrencees-396965-3534.php

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Des soirées animées et très concurrencées

Depuis deux ans, l'association des professionnels de l'animation 40 s'inquiète de la floraison des offres non déclarées.

En deux ans, Thierry Charvet ne s'est pas fait que des amis. À son compte depuis 1994, le Landais a lancé l'Association des professionnels de l'animation qui regroupe aujourd'hui une trentaine d'entreprises du secteur et des intermittents du spectacle. DJ, animateurs de mariages, karaokés, lotos et soirées diverses, magiciens, clowns, musiciens…

Des professionnels qui ont aujourd'hui du mal à joindre les deux bouts selon Thierry Charvet face à une concurrence « déloyale » qui essaime ses annonces sur le Net : « Des gens qui ont un peu de matériel et de jugeote mais ne sont déclarés nulle part. Avec la crise, c'est un moyen d'arrondir les fins de mois. Mais ils cassent les prix et nous font courir à la catastrophe. Ils proposent l'animation d'un mariage à 250 euros contre 500 à 700 euros pour un professionnel. Nous avons même trouvé des associations qui proposent tout gratuit ! ». Avec cette nouvelle concurrence, l'animation de bals publics serait ainsi passée « de 1 100 euros à 600-700 euros ».

Numéro Siret
L'association s'est donc donné pour but de fédérer la profession et de repérer tous les podiums et discothèques mobiles, mais aussi toutes les associations hors-la-loi. Pas de délation auprès des autorités compétentes, mais un coup de fil de Thierry Charvet pour rappeler quelques notions comme le numéro Siret ou les charges sociales. « On leur donne les moyens de se déclarer. Le but du jeu est d'avoir en face de nous des concurrents comme les autres. Nous en avons contacté une quarantaine en deux ans. 80 % se sont mis en règle ».

Dans le même esprit, l'Association des professionnels landais de l'animation organise mercredi prochain au casino de Saint-Paul-lès-Dax une réunion d'information pour exposer ses « préoccupations actuelles et ses suggestions pour sauvegarder un métier en grand danger ». Invités : la Chambre de commerce et d'industrie, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), l'Urssaf, la préfecture, les maires, les comités des fêtes, les responsables associatifs, les usagers également. « Les gens qui ne connaissent personne pour animer leur mariage par exemple peuvent tomber sur une publicité et avoir affaire à des gens non déclarés, sans contrat et aucune garantie », soulignent Thierry Charvet et Cyril Martineau, secrétaire de l'association et lui-même à son compte depuis 2005.

En préambule de la réunion, les organisateurs ont conçu un petit diaporama de tout ce qu'ils ont repéré comme propositions limites sur Internet pour « que les gens se rendent compte de la situation ». Parmi les propositions de l'association, celle-ci sera soumise aux mairies : la demande systématique du numéro Siret et de la responsabilité civile professionnelle de l'animateur lors de toute location de salle municipale. À voir si toutes les parties jouent le jeu.

Réunion d'information organisée par l'Association des professionnels de l'animation 40 mercredi 18 mai à 20 heures, au casino de Saint-Paul-lès-Dax. Inscriptions sur le site www.apa40.fr

« Modifié: 14 mai, 2011, 21:06:30 pm par imago »

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Re : L'intermittence dans la presse et sur la toile
« Réponse #42 le: 20 mai, 2011, 14:03:41 pm »
L'intermittence: prochaine cible et bouc émissaire électoral du medef?

Si on en juge par cet article paru dans le Figaro, le medef (et plus particulièrement sa branche métallurgie, la célèbre UIMM dont les dérives ont alimenté les chroniques de ces 4 dernières années, une composante de poids du medef), les intermittents pourraient bien être la cible d'une campagne de critiques dans les prochains mois pré-électoraux. Un document préparatoire d'un futur "manifeste pour l'industrie" censé exposer les idées du patronat auprès des candidat(e)s à l'élection présidentielle le suggère. Ce document rédigé par un professeur de Polytechnique nous met en première ligne comme cible à abattre.
Il nous faudra être très attentifs à ces éléments de langages qui se trouveront développés dans les mois prochains.

Voilà l'article du Figaro du 20 mai 2011:
http://www.lefigaro.fr/societes/2011/05/19/04015-20110519ARTFIG00680-chomage-salaires-les-idees-detonantes-de-la-metallurgie.php

Citer
Chômage, salaires : les idées détonantes de la métallurgie

Le patronat propose de rétablir des allocations dégressives et de moduler la durée de travail selon la conjoncture.

Le «Manifeste pour l'industrie», que la fédération patronale de la métallurgie (UIMM) prépare pour l'automne dans le cadre de la présidentielle, commence à se dessiner. Et ses grandes lignes devraient détonner ! Dans un document préparatoire, l'UIMM avance plusieurs «pistes à explorer» ambitieuses, afin de «construire une flexicurité du marché du travail». «Il s'agit d'axes que nous devons affiner et chiffrer», confirme un cadre de la plus importante fédération du Medef, qui tenait jeudi sa convention.

Cette note a été rédigée par Pierre Cahuc, professeur à Polytechnique, après avoir auditionné une vingtaine d'universitaires, chercheurs, hauts fonctionnaires, consultants, avocats, responsables syndicaux, chefs d'entreprise, DRH… L'économiste propose des angles de réforme sur trois champs : l'assurance-chômage, le service public de l'emploi et le contrat de travail.

«Il est souhaitable de limiter le coût et l'impact de l'assurance-chômage», écrit-il, suggérant de revenir sur les conditions d'indemnisation généreuses accordées aux travailleurs temporaires et surtout aux intermittents du spectacle. Un sujet tellement explosif que syndicats et patronat l'ont prudemment «oublié» lors des dernières négociations sur l'assurance-chômage.

Redéfinir le licenciement économique

Autre pilule qui risque d'être difficile à avaler par certains syndicats : considérant enfin que «les modalités d'indemnisation sont insuffisamment incitatives pour certaines catégories de salariés, notamment les plus qualifiés» , Pierre Cahuc suggère de verser une prime aux chômeurs qui retrouvent un emploi avant la fin de leur durée d'indemnisation, mais surtout de rétablir une forme de dégressivité des allocations. «On a eu un système dégressif dans les années 1990 qui n'a pas prouvé son efficacité», a critiqué jeudi, lors de la convention, Stéphane Lardy, le «M. Emploi» de FO. En revanche, «afin de limiter l'usage des contrats courts» , Pierre Cahuc juge utile d'étudier un système «dans lequel les cotisations diminuent avec l'ancienneté dans l'entreprise» ou encore un «bonus-malus sur les cotisations patronales» - deux revendications syndicales.

L'économiste propose également de donner plus de marges de négociation aux partenaires sociaux dans l'entreprise, en permettant via un accord collectif d'«ajuster temporairement la durée du travail et les rémunérations des salariés, à la hausse comme à la baisse, en fonction de la conjoncture». Bref, pouvoir augmenter salaires et temps de travail quand l'entreprise fait face à une hausse temporaire de ses commandes… et les baisser en période de vaches maigres. «De tels ajustements ont contribué à amortir l'impact sur l'emploi de la récession de 2008 en Allemagne, plaide Pierre Cahuc. En France, les très fortes limites imposées à de telles pratiques contraignent les entreprises à ajuster l'emploi» - en clair, à remercier intérimaires et CDD, voire à licencier - pour «s'adapter aux fluctuations de leur activité».

Le chercheur, qui militait en 2007 pour un contrat de travail unique - idée reprise par le candidat Sarkozy mais jamais mise en œuvre, faute de soutien patronal et syndical -, recommande enfin de revoir la définition du licenciement économique, «qui repose sur une distinction peu claire entre sauvegarde et amélioration de la compétitivité des entreprises». Pour lui, la France se caractérise par «une exceptionnelle insécurité juridique de la rupture du contrat de travail» et des obligations de reclassement «particulièrement contraignantes» qui conduisent les entreprises à multiplier le recours aux CDD et à l'intérim «pour préserver leurs capacités d'adaptation».

Pour rappel, l'UIMM a fait l'objet d'une série d'enquête qui ont révélé des pratiques plus que nauséabondes de la part de ces donneurs de leçon.
Voir par exemple: http://www.challenges.fr/actualites/entreprises/20071016.CHA1981/chronologie_sur_laffaire_uimm.html



« Modifié: 20 mai, 2011, 14:06:24 pm par imago »

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Re : L'intermittence dans la presse et sur la toile
« Réponse #43 le: 23 mai, 2011, 14:08:05 pm »
On voit se dessiner la prochaine campagne électorale...

Après les RSASTES,  les Tunisiens, (on a déjà oublié les Roms), haro sur les chômeurs... les intermittents...

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Re : L'intermittence dans la presse et sur la toile
« Réponse #44 le: 28 mai, 2011, 14:09:12 pm »
Ségolène Royale pète-t-elle les plombs?

A en croire un article sur Ouest-France, notre ex-presque-présidente de la république propose une belle solution pour les intermittents :"De même, plutôt que d'indemniser des intermittents du spectacle, pourquoi ne pas « leur proposer d'intervenir dans les classes, pour donner des cours de théâtre, de poésie ? »"

En dehors du fait que la question qui était abordée était celle de la suppression des postes dans l'éducation nationale, le seul fait qu'elle propose une telle solution pour régler le problème en dit long sur son rapport à nos métiers et ceux de l'enseignement.

Même si, parfois, les domaines peuvent se compléter ou se superposer, il n'est pas question, à mon avis, de considérer les artistes comme des suppléants potentiels des enseignants. Nous ne faisons pas le même métier, ne parlons pas du même point de vue et n'avons pas les même compétences et parcours.

D'autant plus qu'il suffit de lire certains sujets du forum pour se rendre compte qu'en plus cela peut présenter de graves inconvénients pour un artiste d'avoir une activité d'enseignement en parallèle.

Donc, que ce soit du côté des intermittents ou de celui des enseignants, la copie est à revoir.

Citer
Ségolène Royal : « Respect pour les enseignants »

La candidate à la primaire socialiste a rencontré des parents d'élèves et des enseignantshier à Évron et Laval. Lire aussi page 4.

Elle était venue lors de la campagne présidentielle en 2007. Elle est revenue, vendredi, sur les terres de son plus fidèle soutien, Guillaume Garot, devenu depuis député-maire de Laval. Ségolène Royal a choisi la Mayenne pour tester ses idées en matière d'éducation, « la première des priorités, avec la refonte du système bancaire ».
Il y a urgence, estime la candidate à la primaire socialiste. « En quatre ans, plus de 60 000 emplois ont été supprimés dans l'Éducation nationale. C'est le plan social le plus massif. Imaginez si Air France supprimait autant d'emplois... » Et Ségolène Royal de fustiger le ministre de l'Éducation nationale qui supprime, pêle-mêle, les postes et la formation initiale des enseignants. « Résultat, il n'y a pas assez d'enseignants, et il est obligé de recourir à Pôle emploi ! »

Idem pour les fermetures de classes. « Quand l'école est diminuée, c'est la République elle-même qui est fragilisée », déclare-t-elle aux parents d'élèves de l'école Jean-Monnet d'Évron, qui dénoncent la fermeture d'une classe. « Je demande solennellement son maintien. Les rectorats ont des réserves de postes », déclare-t-elle sur un ton martial.

Ecole des années 50

Au fil de la journée, c'est une vision à la fois passéiste et utopique de l'école que développe la candidate à la candidature socialiste. Son modèle : l'école des années 50. Celle où l'enseignant occupe « une place centrale dans le lien républicain. Quelqu'un à qui la Nation doit le respect. » Une école, « creuset du pacte républicain », moteur de « l'ascenseur social ». « Quand j'étais jeune, dans les Vosges, un fils d'ouvrier pouvait faire des études de médecine ou de pharmacien. Aujourd'hui, c'est quasiment impossible. L'égalité des chances a régressé. »

Que faire pour réamorcer la pompe ? D'abord « éradiquer la violence à l'école », avance Ségolène Royal. « Remettre des adultes », jusqu'à « deux par classe », là où la droite a supprimé les aides-éducateurs. Comment ? En créant « un nouveau métier », qui pourrait être proposé à des étudiants, « en contrepartie des bourses ». De même, plutôt que d'indemniser des intermittents du spectacle, pourquoi ne pas « leur proposer d'intervenir dans les classes, pour donner des cours de théâtre, de poésie ? »

Les priorités des enseignants semblent ailleurs. Le programme socialiste, qui doit être validé aujourd'hui, leur semble encore flou, ont-ils dit, hier, lors d'une table ronde. Au « socle commun » des compétences, ils opposent « programme adapté ». Au collège pour tous, « le collège pour chacun ». L'autonomie des établissements leur paraît douteuse.

Pour le PS, la reconquête du monde enseignant ne sera pas une formalité.

Voir: http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Segolene-Royal-Respect-pour-les-enseignants-_40739-1812840------53130-aud_actu.Htm