Voici les solutions que je vous indique si vous êtes Intermittent du Spectacle pour facturer. Je suis réalisateur et caméraman, j’ai mon propre matos. Il existe 3 possibilités, pour résumer.
1) Soit je pige pour des prods comme caméraman au tarif de 260 €/j sans mon matériel. Je suis alors déclaré par la prod, fiches guso, feuilles de salaire, etc. Les charges sont pour l’entreprise qui m’emploie. Mon matos reste à la maison. Classique.
2) Soit la prod veut me louer avec mon matos. J’ai estimé celui-ci à 150 €/j. Je réalise alors un devis qui mentionne le nombre de jours travaillés, le matériel utilisé, le descriptif technique, le type de livraison (cassette, DVD, contenu HD numérisé...) et le produit : "réalisation de contenu audiovisuel" suivi du titre provisoire du film. Le devis est à l’en tète de mon auto-entreprise (qui peut être mon nom ou tout nom de société non déposé à la date du devis - j’aurais 12 mois pour régulariser). Lorsque j’ai commencé j’ai indiqué "SIRET : en cours d’obtention". Les comptables des boites sont rassurés.
La facture comprend le cumul de mes salaires brut + la location de mon matos. Je ne PEUX PAS déclarer ces piges à l’Assedic lors de mon actualisation de fin de mois. J’anticipe les frais Ursaff en majorant le total de mes salaires de 21,3 %.
En résumé, pour 10 jours de travail avec mon matos : 10 x 260 € + 10 x 150 € + 21,3 % du Sous-total = 4 973 €. Lorsque je retranche les 21, 3 % de l’Ursaff cumulé en paiement trimestriel, j’ai mon salaire net, soit : 4 100 €. Dans les 21,3 % sont compris les charges salariales, patronales, retraite, caisse maladie et prélèvement à la source de mon impôt. En fait, c’est pas cher payé ! Une pige de cameraman intermittent du Spectacle coûte beaucoup plus cher à un employeur. En contre-partie je ne cotise plus en tant qu’intermittent, mais c’est un choix : ça fait longtemps que je n’arrive plus à faire mes heures !
Ainsi, lorsque j’ai un tournage avec mon propre matos (caméra, pied, micros, accessoires...), la prod établit un bon de commande reprenant l’intégralité de mon devis (salaires + frais + matériel). Je demande systématiquement une avance de 40 % à la signature du devis qui devra m’être retourné ou remis AVANT le tournage. Le solde à livraison du produit. En règle générale les entreprises paient à 30 ou 60 jours, d’où l’importance d’un acompte. Pas facile à négo, mais vital en fin de compte.
Pour le calcul des charges, c’est simple : l’Ursaff me demande tous les 3 mois mon cahier des comptes sur lequel je déclare les revenus de ces facturations. Comme vous le savez, ils me demandent 21,3 % de mes avoirs facturés. Simple. La mention importante dans le devis c’est : "TVA non applicable suite à l’Article 293 B du CGI". En effet, un auto-entrepreneur ne déclare ni récupère la TVA. Donc, les devis, bons de commande et facture sont tous Hors Taxes. Pas de TVA. Dommage pour le matos que j’achète plein pot, TVA incluse !
3) Il existe un troisième cas que j’ai largement utilisé avant de m’établir en auto-entrepreneur. Le Portage Salarial. Personnellement j’ai utilisé la société J.A.M. (Job Assistance Mission : http://www.jam-conseil.fr/ ) pour la raison qu’ils permettent de facturer et de me déclarer les heures Intermittent spectacle que je veux. Il y a un minima : 300 €/ jour (charges incluses c.a.d une pige à 145 € net, minimum). Leur calcul est facile à comprendre. Si je veux facturer 3 500 €, je multiplie par leur taux interne (0,545) et j’ai le résultat de ce que je gagnerai en net : soit 1 915,50 €. Auxquels ils ont intégré 10 % pour leur commission. Pour les "gros contrats", c’est plus intéressant car je cumule mes heures (ici au taux journalier de 273,50 € pour 8 heures sur 7 jours). Mon client ne reçoit qu’une seule facture et JAM s’occupe de faire payer mon client (je peux même avoir une avance en fin de mois, dés que le contrat, l’acompte et le bon de commande sont en leurs mains).
Passer en auto-entrepreneur me permet de diminuer la part de charges. En revanche, je ne peux pas intégrer ces salaires dans le calcul de mes heures I.S. pour l’instant. Vous voyez, c’est difficile de faire le bon choix définitif. Il faut s’adapter. Selon si j’ai besoin de fric vite je pige sans matos, je suis payé en fin de mois. Si je veux un peu de blé en plus en proposant mon matos, je suis en auto-entrepreneur, mais je paie mes charges 3 mois après (gare au manque de Grisbi avec l’Ursaff ! Si j’ai un contrat plus important, j’accepte de "perdre " 10 % (je gonfle souvent de 10 % mes devis pour les rattraper). Mais je suis moins compétitif, il faut un client désespérément pressé et qui me fait une totale confiance en matière de compétitivité. La crise étant passée par là, il préfère me balancer les devis des boites de loueur qui écrasent les prix grâce aux volumes important de location. Il faut vite s’aligner. Pas forcément faire moins, juste s’aligner (demander le devis des loueurs aux prods, en général la chargée de prod le fait discrétos). La tendance est plutôt à la baisse tous azimuts... Je propose mon matos hors assurance. Si une galère survient, c’est le problème du client. Difficile à faire accepter au début, mais en règle générale quand on communique le prix d’une semaine d’assurance pour du matos, ça les calme...
Ces trois pistes sont parfaitement légales. A vous de voir. J’espère que ça vous éclaire un peu.
Achille.
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